Conférences du congrès
Vacances folles chez Granicole
Prix ANCP 2017
Entre nous
Novembre 2016
ANCP&AF Fl@sh
N° 36 Congrès Epinal 2017

2014 St Quentin en Yvelines

 Chers amis

Avant de commencer ce deuxième rapport moral de la mandature, je voudrais rendre hommage à un ami qui nous a quitté brutalement. Je veux parler de Roland Michaud qui fut un temps adhérent de l’ANCP et surtout intervenant à plusieurs reprises sur nos congrès (Seignosse, Giens, La Londe…). Je vous propose donc de lui dédier ce rapport moral en ouverture de notre AG ordinaire.

Madame la sous-directrice de la DEGESCO,  M. l’Inspecteur d’académie, Mme la représentante du président de l’université, M. le Maire de Guyancourt, Mmes et MM les IEN, chers collègues permettez-moi tout d’abord de vous remercier de votre présence en ce jour d’ouverture du 49ème congrès de l’ANCP.

1-   Je n’aurai pas la prétention de disserter sur le concept d’apprendre. Nos conférenciers  s’en chargeront et beaucoup mieux que moi. Je souhaite simplement poser quelques questions, livrer quelques réflexions sur le thème choisi « Apprendre au XXIème siècle ». C’est une vaste question tant les enjeux et les défis sont importants.

2-   En 2004, notre congrès de Giens avait pour titre « Apprendre, oui mais comment ? ». Déjà 10 ans, mais en 10 ans que de réflexions, d’ouvrages, de tribunes, de controverses mêmes, sur le sujet qui nous réunit aujourd’hui. De nombreux scientifiques que ce soit en sciences de l’éducation, en neurosciences, en sciences du langage, ou dans bien d’autres champs également s’y sont penchés.

3-   Organiser ce congrès au sein de l’université  est  un geste fort que ce soit au moment de la création des ESPE que ce soit dans le cadre d’un  rapprochement avec la recherche incontournable. Dans sa préparation de la rentrée 2014 notre nouveau ministre l’a bien spécifié en écrivant : « Les personnels de l'Espe, des universités et du monde scolaire doivent apprendre à se connaître, à travailler ensemble et à se doter d'outils et d'indicateurs partagés ». Aujourd’hui, François Taddéi, Jacques Bernardin et Philippe Meirieu  contribueront à cet indispensable rapprochement.

4-   Le thème de ce congrès s’inscrit pleinement dans la loi de Refondation de l’école voulue par le ministère de l’éducation nationale. Cette  loi d’orientation et de programmation  oblige en effet à réinterpréter plusieurs questions, dont celle des rythmes des élèves, des partenariats, des apprentissages et des inégalités à l’école, en lien avec ce qui s’exerce aussi en dehors de l’institution scolaire. La priorité affichée donnée à l’école primaire ne peut que nous satisfaire, nous formateurs du premier degré. Les chantiers engagés autour de la formation initiale dans les écoles supérieures du professorat, autour du « plus de maîtres que de classes », chantier d’ailleurs auquel l’ANCP a été invité à participer, le nouveau cycle CM/sixième pour améliorer la progressivité des apprentissages, l’aménagement des rythmes scolaires, n’ont qu’une et même intention : « contribuer aux apprentissages pour tous les élèves »

5-   Apprendre à apprendre est la priorité affichée dans bon nombre de recherches. Il s’agira également lors de  ce congrès d’élargir la notion d’apprentissage. Si le premier réflexe est de penser « apprentissage des élèves », nous ne pourrons faire l’impasse sur l’apprentissage du métier, celui  d’enseignant et au-delà d’approfondir la formation des formateurs du premier degré dont la mission première est bien l’accompagnement des enseignants, débutants ou experts, dans un cadre plus large celui de la réussite de tous les élèves.

6-   Mais apprendre à apprendre ne suffit pas, il faut également apprendre à comprendre, et au XXIème siècle apprendre à entreprendre doit être aussi une des préoccupations.

7-   La révolution du numérique est en marche, elle est incontournable. Le ministère dans son texte de loi présente sa stratégie pour faire entrer l’école dans l’ère du numérique. Elle est ambitieuse, mais, à  l’heure du tout écran, se donne-t-on les moyens de son ambition en termes de formation des enseignants mais également en amont, la formation des formateurs ? Est-ce qu’apprendre passe par le tout numérique ? Voilà deux questions auxquelles certains de nos intervenants dans les agoras de demain essaieront de répondre.

Nous n’aurons certes pas toutes les réponses aux questions posées initialement mais au moins aura-t-on engagé une réflexion collective à poursuivre nécessairement dans la voie du développement de l’activité professionnelle des CP, pour à leur tour  contribuer au développement de l’activité professionnelle des PE au service des élèves de notre école.

Avant de conclure mon intervention j’aimerais vous livrer  une citation de  Marcel Gauchet « Apprendre n’est pas une corvée, c’est quelque chose de gratifiant. Mais ça ne veut pas dire que c’est facile »

Je remercie d’ores et déjà tous les intervenants, conférenciers et animateurs d’agoras et ateliers. 

Je remercie l’équipe des Yvelines constituée autour de Jacqueline Salaun, la déléguée académique, et Patricia Lanata, la déléguée départementale pour leur engagement dans cette organisation.

Je vous souhaite à tous un très bon congrès, que celui-ci contribue à l’enrichissement de chacun mais aussi à l’enrichissement collectif de notre métier.

Marcel Jallet