Congrès national
Strasbourg
Stylos en folie
Prix ANCP 2020

Association professionnelle agréée par le ministère de l'Éducation nationale (JO 24 juillet 2020)

2014 St Quentin en Yvelines

Et maintenant ai-je envie de vous dire pour commencer ce texte d’orientation ?

Nous avons exprimé nos satisfactions, nous avons dit nos déceptions, parfois criés nos frustrations, et maintenant ?

Il faut aller de l’avant, éviter de regarder constamment le passé même si nous avons besoin de nous appuyer sur notre histoire.

 Chers amis

Avant de commencer ce deuxième rapport moral de la mandature, je voudrais rendre hommage à un ami qui nous a quitté brutalement. Je veux parler de Roland Michaud qui fut un temps adhérent de l’ANCP et surtout intervenant à plusieurs reprises sur nos congrès (Seignosse, Giens, La Londe…). Je vous propose donc de lui dédier ce rapport moral en ouverture de notre AG ordinaire.

Madame la sous-directrice de la DEGESCO,  M. l’Inspecteur d’académie, Mme la représentante du président de l’université, M. le Maire de Guyancourt, Mmes et MM les IEN, chers collègues permettez-moi tout d’abord de vous remercier de votre présence en ce jour d’ouverture du 49ème congrès de l’ANCP.

1-   Je n’aurai pas la prétention de disserter sur le concept d’apprendre. Nos conférenciers  s’en chargeront et beaucoup mieux que moi. Je souhaite simplement poser quelques questions, livrer quelques réflexions sur le thème choisi « Apprendre au XXIème siècle ». C’est une vaste question tant les enjeux et les défis sont importants.

2-   En 2004, notre congrès de Giens avait pour titre « Apprendre, oui mais comment ? ». Déjà 10 ans, mais en 10 ans que de réflexions, d’ouvrages, de tribunes, de controverses mêmes, sur le sujet qui nous réunit aujourd’hui. De nombreux scientifiques que ce soit en sciences de l’éducation, en neurosciences, en sciences du langage, ou dans bien d’autres champs également s’y sont penchés.

3-   Organiser ce congrès au sein de l’université  est  un geste fort que ce soit au moment de la création des ESPE que ce soit dans le cadre d’un  rapprochement avec la recherche incontournable. Dans sa préparation de la rentrée 2014 notre nouveau ministre l’a bien spécifié en écrivant : « Les personnels de l'Espe, des universités et du monde scolaire doivent apprendre à se connaître, à travailler ensemble et à se doter d'outils et d'indicateurs partagés ». Aujourd’hui, François Taddéi, Jacques Bernardin et Philippe Meirieu  contribueront à cet indispensable rapprochement.

4-   Le thème de ce congrès s’inscrit pleinement dans la loi de Refondation de l’école voulue par le ministère de l’éducation nationale. Cette  loi d’orientation et de programmation  oblige en effet à réinterpréter plusieurs questions, dont celle des rythmes des élèves, des partenariats, des apprentissages et des inégalités à l’école, en lien avec ce qui s’exerce aussi en dehors de l’institution scolaire. La priorité affichée donnée à l’école primaire ne peut que nous satisfaire, nous formateurs du premier degré. Les chantiers engagés autour de la formation initiale dans les écoles supérieures du professorat, autour du « plus de maîtres que de classes », chantier d’ailleurs auquel l’ANCP a été invité à participer, le nouveau cycle CM/sixième pour améliorer la progressivité des apprentissages, l’aménagement des rythmes scolaires, n’ont qu’une et même intention : « contribuer aux apprentissages pour tous les élèves »

5-   Apprendre à apprendre est la priorité affichée dans bon nombre de recherches. Il s’agira également lors de  ce congrès d’élargir la notion d’apprentissage. Si le premier réflexe est de penser « apprentissage des élèves », nous ne pourrons faire l’impasse sur l’apprentissage du métier, celui  d’enseignant et au-delà d’approfondir la formation des formateurs du premier degré dont la mission première est bien l’accompagnement des enseignants, débutants ou experts, dans un cadre plus large celui de la réussite de tous les élèves.

6-   Mais apprendre à apprendre ne suffit pas, il faut également apprendre à comprendre, et au XXIème siècle apprendre à entreprendre doit être aussi une des préoccupations.

7-   La révolution du numérique est en marche, elle est incontournable. Le ministère dans son texte de loi présente sa stratégie pour faire entrer l’école dans l’ère du numérique. Elle est ambitieuse, mais, à  l’heure du tout écran, se donne-t-on les moyens de son ambition en termes de formation des enseignants mais également en amont, la formation des formateurs ? Est-ce qu’apprendre passe par le tout numérique ? Voilà deux questions auxquelles certains de nos intervenants dans les agoras de demain essaieront de répondre.

Nous n’aurons certes pas toutes les réponses aux questions posées initialement mais au moins aura-t-on engagé une réflexion collective à poursuivre nécessairement dans la voie du développement de l’activité professionnelle des CP, pour à leur tour  contribuer au développement de l’activité professionnelle des PE au service des élèves de notre école.

Avant de conclure mon intervention j’aimerais vous livrer  une citation de  Marcel Gauchet « Apprendre n’est pas une corvée, c’est quelque chose de gratifiant. Mais ça ne veut pas dire que c’est facile »

Je remercie d’ores et déjà tous les intervenants, conférenciers et animateurs d’agoras et ateliers. 

Je remercie l’équipe des Yvelines constituée autour de Jacqueline Salaun, la déléguée académique, et Patricia Lanata, la déléguée départementale pour leur engagement dans cette organisation.

Je vous souhaite à tous un très bon congrès, que celui-ci contribue à l’enrichissement de chacun mais aussi à l’enrichissement collectif de notre métier.

Marcel Jallet

Interview de Jacqueline Salaün, DA de Versailles

Film du diaporama

 

congres 2014

 

À l’heure d’une profonde refondation de l’école proposée par le ministère de l’Education nationale il s’agira tout au long du congrès de l’ANCP 2014, de réfléchir sur les apprentissages des élèves et sur les conditions nécessaires et suffisantes pour leurs acquisitions.

De nouveaux dispositifs, tels que la scolarisation des moins de trois ans, la mise en place de nouveaux cycles dont celui de cours moyen/sixième, « plus de maîtres que de classes », doivent concourir  à la construction des apprentissages au sein du  socle commun de connaissances, de compétences et de culture.

Comment le conseiller pédagogique peut-il aider les enseignants à s’engager dans une réelle pédagogie de la réussite au service de tous et de chacun ?

L’analyse des derniers résultats des enquêtes internationales (PISA, PIRLS...) conduit à identifier les insuffisances des méthodes éducatives dites traditionnelles.

Les conclusions des nombreuses recherches disponibles sur l’apprentissage, semblent ne pas influer les pratiques enseignantes ni les politiques éducatives. Il est nécessaire de faire le point sur les apports actuels de la recherche dans les domaines qui touchent à l’apprentissage et de les mettre en perspective avec les objectifs de la loi d’orientation pour la refondation de l'École.

Comment effectuer un véritable lien entre la recherche et la formation des enseignants du premier degré ? François TADDEI nous présentera son point de vue et pourra illustrer ces relations en faisant référence à des dispositifs laissant place à la co-construction des savoirs tant du côté de l’élève que du côté de l’enseignant. Il nous fera prendre conscience de la nécessité de relier les savoirs  pour s’immerger dans la complexité de notre monde social.

Il nous faut également nous poser la question du « Apprendre ». Apprendre oui, mais comment apprenons-nous ? Quel est le sens des savoirs scolaires aujourd’hui ? Comment susciter le plaisir d’apprendre et convoquer la joie de comprendre ? Philippe MEIRIEU orientera son propos sur le goût d’apprendre, goût d’apprendre qui ne peut exister que dans une conception renouvelée de l’échange des savoirs et de la formation tout au long de la vie.

Le principe d'éducabilité s’impose à tout enseignant. Les élèves en grande difficulté doivent pouvoir bénéficier de pédagogies innovantes pour progresser. Jacques BERNARDIN nous éclairera sur  la nécessité de transformer le rapport au savoir et à l’école des élèves et des familles éloignées de la culture scolaire et sur l’importance de dynamiser l’imaginaire des enseignants et les pratiques pédagogiques pour parvenir à l’ambition commune d’une réussite pour tous.

Pourquoi est-il parfois si facile d’apprendre ? Et parfois si difficile ? André TRICOT nous amènera à réfléchir à cette problématique tant au niveau de l’enfant qu’à celui de l’adulte notamment dans le cadre de la formation du professeur d’école.

Les transformations rapides de la société, l’essor et l’omniprésence des technologies de l’information et de la communication repoussent les limites du possible dans le domaine de l’éducation. En quoi ces nouvelles technologies révolutionnent-elles les environnements d’apprentissage ? Stéphane COUTELLIER-MORANGE nous présentera une approche novatrice et originale pour accompagner les enseignants à intégrer l’usage du TNI dans leur pédagogie.

L’apprentissage efficace n’est pas seulement une activité individuelle mais fondamentalement une activité partagée : les savoirs se construisent par interaction, négociation et coopération. En quoi le travail en partenariat, la variation des formes de travail peuvent-elles faciliter les apprentissages ? Sylvain CONNAC  centrera son propos sur la coopération à l’école.

Quelle influence les émotions et la motivation ont-elles sur les apprentissages ? Les recherches dans le domaine des neurosciences, notamment sur la mémoire, doivent permettre de mieux comprendre ce qu’est l’acte d’apprendre. Sabine VANESSE établira les liens entre mémoires et apprentissage en faisant référence aux intelligences multiples. Sandra ENLART nous parlera du concept d’apprenance : rapport au savoir et société cognitive où il sera question des enjeux éthiques, théoriques et pratiques qui en découlent dans le champ de la formation des adultes et plus largement de l'Education.

La réorganisation du temps de l’enfant, de celui de l’élève via les emplois du temps, le partage des espaces, la coopération avec les intervenants dans les activités péri scolaires sont au cœur de l’actualité. L’enjeu est de taille puisqu’il s’agit d’améliorer les résultats des élèves.

Différentes sources nourrissent les élèves.L’école est l’un des vecteurs d’apprentissage. Emmanuel SANDER nous fera prendre conscience de l’importance de l’analogie dans le processus cognitif. Comment l’enseignant peut-il mettre du lien entre les savoirs, donner du sens, engager l'élève à prendre du recul, à analyser le flot d’informations qui l’entoure au quotidien, dans sa vie sociale et scolaire ? Morgane BEAUMANOIR-SECQ nous questionnera sur la posture de l’enseignant : comment la faire évoluer, plus particulièrement lors des séances en maîtrise de la langue ? Quant à Marie Françoise CHAVANNE, elle s’attachera à souligner l’importance pour l’enseignant d’une parfaite maîtrise professionnelle pour être à même de « lâcher prise », de laisser sa place à la pratique de l’élève, à son expérience, à sa démarche, à ses erreurs, à sa parole. La réflexion collective et curieuse autour de ce qui est advenu (solutions, questions, découvertes…) servira d’ancrage aux apprentissages et d’ouverture sur des pensées inattendues qui relancent le désir d’apprendre.

Lors de ce congrès, nous aborderons un certain nombre de questions inhérentes à l’apprentissage et tenterons d’y trouver, si ce n’est des solutions, tout au moins des orientations pour que les conseillers pédagogiques, dans le cœur de leur métier, puissent mieux accompagner les enseignants afin qu’ils accomplissent sereinement leur mission et que chaque élève trouve sa place dans notre société.